Grandiose Hahnenmoos !

J’ai repris mon texte publié sur le site des GPR additionné de quelques photos et commentaires
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Tout commence par une invitation de mon ami Pierre-Yves (PYB) à venir animer une de ses journées de vacances à la Lenk. Lenk est un gros village – station de ski – situé au fond d’une vallée alpine suisse, en bas du versant sud du fameux col du Hahnenmoos (Hahnenmoospass en allemand). Côté nord, il y a Adelboden, station nettement plus connue (pour son épreuve de coupe du monde) et surtout étant l’accès habituel pour qui veut se rendre au Berghotel, le très connu hôtel du Hahnenmoos.Donc, une fois arrivé à la Lenk, j’embarque PYB et son neveu pour aller jusqu’au bout de la route autorisée, au Bühlberg. Là, on prépare le chargement: en plus du pique-nique et des appareils photos, PYB et moi avons exactement les mêmes modèles, à savoir, un Solius motorisé (le dernier né de Multiplex), planeur de 2,2 m en « mousse », et, un vénérable Ka6E du même fabricant de 3,75 m. C’est donc chargés comme des mulets que nous commençons notre ascension. ..1
Il est prévu, sur le panneau, une marche d’une heure pour arriver au Hahnenmoos. Le départ est raide, mais, me promet PYB, après 20mn la pente sera plus douce, … La sueur apparait sur nos fronts. Le souffle se fait plus court, roque et surtout sonore ! Je bénie le jour où je me suis arrêté de fumer, il y a 3 ans ! Alors que nous arrivons au terme de ce raidillon, j’entends un moteur et en me retournant, j’aperçois un bus VW qui monte. Nous nous écartons, et je tends le pouce. Le conducteur, en me doublant prononce une phrase rocailleuse en Suisse-Allemand que je ne comprends pas. Je râle car je vois que le bus est vide en dehors du conducteur et d’une femme à ses côtés. 150m plus loin, il s’arrête. Le conducteur aurait-il compris mes jurons ? Non, il s’est juste arrêté là car en dessous, il n’aurait pas pu redémarrer ! Nous embarquons en remerciant vivement ces bonnes âmes ! En chemin, nous dépassons le groupe de marcheurs dont ils ont les sacs dans le coffre. Arrivés au Hahnenmoos, au fameux Berghotel, nous les invitons à boire un verre pour les remercier. Une bonne bouteille d’Epesses fera l’affaire ! « Yoooodeliiiiiiiiiiiiii » lancent les marcheurs qui arrivent à leurs tours, et Irène, la dame du bus, leur répond de même ! Ils s’installent à la table derrière la notre, puis sur ordre d’Irène entament, en notre honneur, un Yodel, chant traditionnel suisse, à trois couplets, vantant la beauté des montagnes (si j’ai bien compris).
Avec la montée en bus, c’est le deuxième moment inattendu et inoubliable de la journée, mais ce ne seront pas les seuls ! Nous prenons congés de nos Yodeleurs, pour nous rendre à notre lieu de vol. Avant, PYB va demander dans l’atelier modéliste de l’hôtel pour poser un point de cyano sur le palonnier de la dérive de son Solius, décolé lors du déchargement de la voiture. Un homme agé le dépanne, puis son collègue lance « Ein moment bitte ! », se tourne dans son fourbis et en sort une fiole de cyano spécial polystyrène à peine plus qu’à moitié utilisée. Il la tend à PYB et lance en riant « Kit de survie ! ». Tout comme dans la corporation des motards, il y a donc une solidarité entre modélistes !!! Nous quittons l’atelier avec moultes remerciements et en se jurant mutuellement de réviser notre opinion des Suisses-Allemands, généralement considérés par les Suisse-Romands comme des rustres égoïstes. Troisième moment exceptionnel !
Nous gravissons rapidement le Schamli, la petite butte au sud-ouest du Berghotel, en haut de laquelle on domine la vallée d’Adelboden, côté Nord.

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Il est possible d’y voler des deux côtés, mais aujourd’hui, comme depuis plusieurs semaines, le vent dominant est Nord ou Nord-Est. Si le vent est là, bien établi, personne n’est au sommet. Un suppositoire à pompe, typé F3machin, est posé dans l’herbe.

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En s’approchant du trou, impressionnant, je vois un planeur jaune en mauvaise posture, posé à l’envers sur un bout de pré d’herbe très pentu. Quelques minutes plus tard, une silhouette se détache derrière la crête en arrière plan du planeur. Son propriétaire est donc parvenu à proximité de son planeur. Sa radio, une MC4000 2,4GHzisée est à un mètre de moi, posée dans l’herbe. Ici, on fait confiance ! Le pilote récupère son avion et disparait derrière la crête.
Nous avions monté nos Solius et nous les lançons dans le vent généreux et régulier. Surprise ! Malgré ce courant d’air et le temps ensoleillé, nos planeurs tiennent à peine ! L’altitude, la densité moindre de l’air semblent être l’explication à ce comportement surprenant. Surfant de zone portante à d’autre dégueulante, notre vol d’apéritif se termine rapidement. Nous entamons notre pique-nique.

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En montagne, il convient de bien s’alimenter et bien se désaltérer, … en eau, bien entendu, … ce qui n’empêche pas certain d’attraper le mal d’altitude, … avec des comportements étranges, ..
Une fois rassasiés, … et remis de nos émotions, nous avons ensuite volé de concert ou alternativement nos Solius, avec pour objectif de n’enclencher la boite à électrons qu’en dernier recours. A ce jeu, il semble que, malgré ma mauvaise vue, j’ai été le plus audacieux, cherchant jusque bien bas la bulle salvatrice.

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Ceci ne nous mettait pas en confiance pour mettre nos Ka6 en l’air, et nous nous en étions presque fait une raison. C’est que le trou est profond ! Y poser, c’est 2 heures de marche !

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Mais, c’est sans compter notre fougue ! Au terme de belles remontées, … il faut bien descendre, et là tous les jeux sont permis, … en restant toujours concentré !

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Dans l’après-midi, nous faisons une pose et allons voir où est le planeur jaune du pilote qui l’avait finalement abandonné sur une pente trop abrupte pour son courage. PYB, légèrement inconscient, ira récupérer ce beau Cobra 3, non sans efforts ! Et je regrette de n’avoir pas suivi le conseil de Gérard : pour voler en montagne, il faut des bonnes chaussures et une corde ! Ce dernier accessoire nous manquait, et il m’aurait bien rassuré !

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Enfin, vers 15h15,
PYB vole sans que son Solius ne semble trop affecter par les zones moins
portantes, et, sous son insistance, après son atérro, je me décide : il propulse
mon Ka6 ! Ce planeur, ça fait 2 ans que je l’ai, je l’adore, mais je ne l’ai
quasiment pas fait voler. J’ai le palpitant à 100 mille ! Il part
tranquillement, droit, et prend tout de suite l’air après la petite pichnette,
vers le bas, du lancer. Je préviens PYB, « dépêche-toi de faire des photos, je
ne volerai pas longtemps ! ». Le planeur me mets en confiance, il évolue
lentement. Il répond de façon homogène à mes ordres, mes manches oscillent sur à
peine 1/4 à 1/3 de leurs courses sur les longs huits que je lui imprime le long
de la pente. Il apprécie de bien être botté à la dérive. Je prends confiance. Je
maintiens le planeur à une altitude entre -10 et + 30 m par rapport à moi, mais
petit à petit, je m’écarte un peu ne craignant plus trop la mauvaise
dégueulante. Ce planeur est un sacré voilier ! PYB mitraille la scène, il crie
«C’est splendide ! C’est majestueux ! ». Il a sacrément raison. Je me régale !

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Finalement, au bout de 20 minutes, je viens poser, toujours avec appréhension : tout l’après-midi, il m’a fallut remettre du moteur à mon Solius pour venir me poser sur cette pente côté Sud. Je le présente bien, venant par le côté à une altitude à peu prés constante, en finale. À 50 cm du sol, ailes parallèles à la pente, je tire un peu violemment sur le manche des AF, le Ka6 apponte. Tout va bien. C’est l’extase ! J’embrasse PYB qui semble aussi heureux que moi. Je cris des « Youpee ! », des « Yodoleïtououou ! ». C’est le bonheur !

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Maintenant, c’est au
tour de PYB. Je lance son Ka6. Il part sur l’aile droite, mais PYB le rattrape
aussitôt. C’est parti pour lui aussi pour un grand moment d’apothéose. Tout à
l’heure, c’est lui qui voulait que je sois le premier en l’air, prétextant que
j’avais plus d’expérience en montagne que lui, mais lui, son expérience est plus
grande, en années, sur avions et hélicos, et maintenant en planeurs. Il a
nettement plus confiance en lui. Son planeur avance un peu plus vite et semble
mieux tenir encore que le mien, alors, le Nikon dans les mains, je l’invite à
aller placer son planeur dans ce décor admirable pour que les souvenirs en
images soient encore plus beaux !

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Ces vols de nos Ka6, en montagne, au Hahnenmoos, ça nous fait, pour cette journée, deux évènements inoubliables en plus !

Il est 16h30. Nous plions nos affaires et allons déguster une choppe bien méritée au Berghotel.

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A l’atelier, PYB laisse le Cobra 3 au Monsieur qui lui a mis le point de colle ce matin, car il connait le propriétaire du planeur jaune. Encore un plaisir ! … peut-être le meilleur : celui de faire plaisir ! Nous pouvons ainsi contribuer à la solidarité modéliste.
Nous descendrons, à pied, les épaules chargées mais le cœur léger. Nous sommes portés par la joie d’avoir vécu une journée exceptionnelle. Cette joie nous habite encore, plusieurs jours après ! Une vraie cure de jouvence !!!
PS : J’invite tous les amoureux du vol de pente à venir (re)découvrir ce lieu superbe, où les sites de vols sont nombreux, pour ceux qui n’hésitent pas à marcher. De plus, le Berghotel a fait peau neuve, il est splendide, on aurait presque envie que le temps se gâte pour y rester !

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Une réflexion sur “Grandiose Hahnenmoos !

  1. Magnifique expérience, mon père m’a raconté le temple du vol qu’est le Hahnenmoos. J’aimerais vraiment y aller avec mon fils et vivre quelques jours de vrai VDP, comme dans les souvenirs que j’ai de Fried (Jeûne Fédéral du groupe modèles réduits de Neuchâtel)

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